Réaction aux propos de M. Pierre-Cyrille Hautcoeur dans Médiapart le 11 juin 2014

Le collectif PEPS-Économie tient à faire part de sa stupeur en réaction à l’entretien accordé mercredi 11 juin 2014 par Monsieur Hautcoeur au journal Médiapart. Cet entretien confirme nos craintes quant au sort réservé au pluralisme théorique dans le rapport remis le 5 juin par Monsieur Hautcoeur au Ministère de l’Enseignement Supérieur, et qui, au détour d’une phrase, semblait à notre grande inquiétude consacrer le règne sans partage du paradigme néo-classique sur la discipline économique.

Nous demandons à ce que Monsieur Hautcoeur s’exprime clairement à ce sujet, et qu’il explique ainsi ce qu’il entend lorsqu’il en appelle à un enseignement équilibré des différentes approches théoriques que compte aujourd’hui l’économie. L’alternative est simple. Prend-il position en faveur d’un enseignement qui accorderait toute sa place certes au paradigme néo-classique, mais également à l’école autrichienne, aux néo-marxistes, aux régulationnistes, aux conventionnalistes, aux post-keynésiens (à ne pas confondre avec les nouveaux keynésiens), etc. ? En ce cas, nous ne pourrions que nous réjouir qu’un rapport de son envergure vienne enfin contester le quasi-monopole dont jouit le paradigme néo-classique aujourd’hui. Et nous attendrions que ses auteurs précisent les mesures concrètes qu’ils aimeraient voir mises en pratique afin que ce pluralisme théorique ne reste pas un vain mot.

Monsieur Hautcoeur ne considère-t-il, au contraire, que les seules approches théoriques qui méritent d’être enseignées sont celles qui, au-delà de leur apparente variété, partagent avec la théorie néo-classique,un nombre suffisamment grand d’hypothèses fondamentales ? Si tel était le cas, nous serions contraints de vivement critiquer le rapport. Rappelons que PEPS-Économie défend, depuis sa création, un enseignement pluraliste de l’économie, et qu’à ce titre, notre collectif exige que les théories alternatives au paradigme installé soient dûment enseignées.

Pour aller au devant de critiques faciles, PEPS-Économie n’est pas « contre » la théorie néo-classique. Au contraire, nous réclamons qu’une telle théorie prenne, dans l’enseignement, la place qui lui revient de droit aux côtés des autres écoles de pensée. C’est seulement de cette manière que l’on cessera d’appauvrir l’enseignement reçu par les étudiants en économie aujourd’hui, et que l’on parviendra à exercer leur esprit critique et leur discernement, tous deux essentiels à la formation d’une authentique culture citoyenne.

 

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Ils parlent des États Généraux !

L’alléchant programme des États Généraux de l’Enseignement de l’Économie dans le Supérieur mobilise déjà, avant même le début d’une campagne de presse que l’on annonce tonitruante.

L’événement est relayé sur les réseaux sociaux, ainsi que sur différents blogs et sites institutionnels dont celui de Gilles Raveaud, le site de l’Institut pour le Développement Économique et social, et la plate-forme Hypothèses « Sociologie Économique » du RT12 de l’Association Française de Sociologie.

N’hésitez pas à faire passer le message, et rejoignez-nous sur Facebook et Twitter !

Les étudiants de PEPS-Économie

Etats Généraux de l’enseignement de l’économie dans le supérieur

N’hésitez pas à télécharger la version pdf du programme pour le diffuser.

Le samedi 6 avril prochain dans l’amphi Furet de l’EHESS (105 boulevard Raspail, Paris 6e, pour les infos pratiques, cliquez ici), nous organisons des Etats Généraux de l’enseignement de l’économie dans le supérieur. La journée se déroulera en deux temps : la matinée sera consacré à un état des lieux et une critique de l’enseignement de l’économie; durant l’après midi,  les débats se centreront autours de notre proposition de maquette d’enseignement.

De 10H à 12H30 : table ronde – « Etat des lieux et critiques de l’enseignement de l’économie dans le supérieur »

Présentation de la cartographie des enseignements de l’économie en licence réalisé par les étudiants de PEPS-Economie.

Participants :

  • Julie Dayot, étudiante et Arthur Jatteau, doctorant, membres de PEPS-Economie,
  • Bernard Chavance, économiste à Paris 7 et membre de l’Association Française d’Economie Politique (AFEP),
  • Igor Martinache, enseignant de SES et membre de l’Association des Professeurs de Sciences Economiques et Sociales (APSES),
  • Dominique Plihon, économiste à Paris 13 et membre des Economistes atterrés.

Pause déjeuner.

De 14h à 16h30 : table ronde – « Vers un nouvel enseignement de l’économie »

Présentation de la maquette d’enseignement de l’économie pour les trois années de Licence réalisée par les étudiants de PEPS-Economie

Participants :

  • Louison Cahen-Fourot et Arthur Jatteau, doctorants et membres de PEPS-Economie,
  • Igor Martinache, enseignant de SES et membre de l’Association des Professeurs de Sciences Economiques et Sociales (APSES),
  • Pascal Combemale, enseignant de SES en classe prépa,
  • Julien Fretel, professeur de Science Politique et président de l’Association des Enseignants-Chercheurs en Science Politique (AECSP),
  • Etienne Wasmer, professeur d’économie à Sciences-Po,
  • Gilles Raveaud, économiste à Paris 8 et membre de l’Association Française d’Economie Politique (AFEP).

17h : Conférence de presse

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Ouverture du site PEPS-Économie

Version 2.0 du site du mouvement Pour un Enseignement Pluridisciplinaire dans le Supérieur en Économie (PEPS-Économie).

Vous y trouverez nos revendications et propositions pour changer l’enseignement de l’économie dans les institutions scolaires post-bac, ainsi que nos différentes publications, et le programme de nos États Généraux à venir (le 6 Avril).