Rapport Hautcœur : la réaction de PEPS

Communiqué de Presse

Rapport Hautcoeur :
Le Collectif PEPS-Économie demande
une mise en place des recommandations dès la rentrée 2014
et fait des propositions pour aller plus loin.

Pierre-Cyrille Hautcoeur, président de l’EHESS, a remis jeudi 5 juin 2014 à Mme Fioraso son rapport sur “L’avenir des Sciences Economiques à l’Universités en France”. Le Collectif PEPS-Économie (Pour un Enseignement Pluraliste dans le Supérieur en Économie), qui défend depuis 2010 une transformation de l’enseignement de l’économie pour plus de pluralisme, se félicite, globalement, des propositions relatives à l’enseignement de l’économie que formule le rapport.

La commission a pris en compte les critiques de l’enseignement de l’économie portées par le collectif PEPS-Economie en France, ainsi que par l’International Student Initiative for Pluralism in Economics, dont le Collectif PEPS est à l’origine. Cependant, le Collectif PEPS restera extrêmement vigilant quant à l’application des mesures proposées.

Dans ce but, et en réponse au rapport, le Collectif PEPS formule des propositions concrètes, qui devront mobiliser l’ensemble des acteurs concernés et notamment la Secrétaire d’Etat Mme Fioraso, le Professeur Hautcoeur, l’AFSE et l’AFEP autour d’un projet commun pour 2014 :

 1 – Diffuser largement et mettre en oeuvre le modèle de la Licence PEPS-Économie

 2 – Prendre les mesures indispensables à une réforme de l’enseignement de l’économie, notamment la remise à plat du référentiel de compétences

3 – Mettre en place dès la rentrée un comité de suivi au rapport Hautcœur dans le cadre des accréditations des formations 2015-2016

Le détail de ces propositions est disponible dans le document joint intitulé “Vers un enseignement pluraliste de l’économie. Analyse du rapport Hautcoeur et propositions concrètes pour une action immédiate”.

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L’Économie Politique : L’enseignement de l’économie dans le supérieur: bilan critique et perspectives

Notre article L’enseignement de l’économie dans le supérieur: bilan critique et perspectives comprenant l’étude réalisée par PEPS sur l’état de l’enseignement de l’économie en France ainsi que nos propositions pour une licence alternative et pluraliste a paru dans le numéro 58 de L’Économie Politique (2013/2).

Il est également accessible en ligne : L’enseignement de l’économie dans le supérieur: bilan critique et perspectives

Publication dans Alternatives Économiques

Ce texte paru dans le numéro d’avril 2013 d’Alternatives économiques présente les résultats de notre cartographie des Licences d’économie dans les universités françaises ainsi que quelques propositions de changement.

Facs d’éco : trop de technique, pas assez d’économie !

Hégémonie des approches quantitatives et de la théorie néoclassique, isolement disciplinaire…, la cartographie de l’offre de formation en licence révèle une vision étriquée de la discipline.

S’il est un domaine qui a été épargné par la crise, c’est celui de… l’enseignement de l’économie !

Alors qu’il fait depuis maintenant plus de dix ans l’objet de critiques récurrentes (on se souvient du mouvement des étudiants contre « l’autisme en économie » du début des années 2000), les trois premières années d’études d’économie à l’université continuent de proposer des enseignements majoritairement orientés vers l’acquisition de techniques laissant peu de place à la compréhension des réalités contemporaines.

Lire la suite sur le site internet du mensuel.

Tribune dans Le Monde

Voici notre tribune paru dans Le Monde le mardi 2 avril 2013. Elle est également disponible sur le site du quotidien :

La crise de l’économie est une crise de l’enseignement de l’économie

Étudiants en économie, nous nous intéressons au monde qui nous entoure. Or l’enseignement que nous recevons est étrangement déconnecté de l’histoire qui s’écrit sous nos yeux.

De cette insatisfaction est né en France le collectif étudiant PEPS-Economie, qui se mobilise « Pour un enseignement pluraliste de l’économie dans le supérieur ». D’autres mouvements similaires ont vu le jour de par le monde (Canada, Etats-Unis, Allemagne, Israël, Chili, Uruguay, Argentine…).

Afin de mesurer l’ampleur du problème de l’enseignement de l’économie dans l’enseignement supérieur, et particulièrement à l’université, nous avons mené un grand travail d’enquête en recensant les programmes et curriculae de toutes les licences d’économie en France. Nous en tirons un triple constat, qui est à la base de notre désarroi : un manque de recul critique criant, un repli de l’enseignement sur une portion congrue de la discipline économique, et un isolement à l’égard des autres sciences sociales.

Durant les trois premières années d’enseignement, l’histoire de la pensée et des faits économiques n’est ainsi enseignée que très marginalement (moins de 1,7 % des cours proposés).

Le recul offert par une perspective historique est pourtant fondamental, ainsi que le soulignent des économistes comme Paul Krugman ou Joseph Stiglitz. Pire : une seule licence en France propose un cours d’épistémologie, qui analyse les fondements scientifiques de la discipline, question ô combien importante en économie.

L’infime place concédée aux problèmes économiques contemporains (1,6 %) confirme enfin la difficulté à faire le lien entre enseignements théoriques et réalités concrètes. Pour le dire clairement : l’enseignement de l’économie à l’université ne parle presque pas de ce qui se passe dans le monde. C’est aberrant.

Cette absence de questionnement sur l’histoire et les méthodes de cette discipline est aggravée par l’absence de pluralisme théorique. Malgré la diversité des approches existantes, les cursus actuels font la part belle à l’école dite « néoclassique » et à ses différentes branches contemporaines (nouveaux classiques, nouveaux keynésiens, nouvelle microéconomie…), au point de favoriser la confusion entre science économique et économie néoclassique.

Or les récents événements ne permettent pas de déceler une quelconque supériorité scientifique de cette approche. Nous souhaitons que la théorie néoclassique soit pleinement enseignée, mais au même titre que d’autres écoles de pensée, aussi dynamiques que stimulantes (théorie de la régulation, économie écologique, économie complexe, économie postkeynésienne, école autrichienne…).

Enfin, l’isolement disciplinaire sclérose la réflexion. Les autres sciences sociales sont absentes des cursus universitaires en économie. Ce repli est d’autant plus préjudiciable qu’un problème économique est également un problème social et politique.

L’économie telle qu’elle est enseignée a tendance à se satisfaire de méthodes quantitatives qui, si elles sont indispensables, aboutissent à la production d’un savoir parfois trop simpliste malgré sa sophistication technique. L’idée n’est pas de remplacer les mathématiques et les statistiques, mais de ne pas se priver des outils complémentaires nécessaires à la compréhension de phénomènes complexes.

Nous revendiquons donc un triple pluralisme.

Pluralisme critique d’abord : il est fondamental d’offrir aux étudiants un recul sur la discipline elle-même, notamment à travers l’enseignement de l’épistémologie et de l’histoire de la pensée et des faits économiques.

Pluralisme théorique ensuite : les différentes écoles de pensée doivent être enseignées avec rigueur afin de promouvoir une émulation scientifique entre ces courants théoriques et d’offrir une pluralité de vues aux étudiants.

Pluralisme disciplinaire enfin : l’économie est une science sociale. Pour rendre compte de dynamiques complexes, les disciplines voisines de l’économie offrent des approches et des outils d’analyse féconds.

Refusant de rester inactifs, nous avons pris appui sur notre analyse critique pour être force de proposition. Nous avons élaboré une maquette alternative d’enseignements en licence d’économie, fondée sur ce triple pluralisme et l’envie de croiser les apports des différentes approches. Nous proposons ainsi une problématisation par objets, organisée autour de grands thèmes, à l’instar de ce qui se faisait dans les cours de sciences économiques et sociales dans l’enseignement secondaire.

L’enseignement de l’économie est un enjeu démocratique. Nos sociétés ont besoin d’économistes capables d’imaginer des politiques diverses, de contribuer au débat public en diffusant les éléments de réflexion nécessaires à l’exercice d’une citoyenneté éclairée, afin que tous puissent se forger un avis.

Aujourd’hui l’enseignement de l’économie ne le permet pas, et l’urgence et la persistance de la crise que nous traversons impose de le refonder.

Publication dans L’Économie politique

Voici le texte paru dans le numéro d’avril 2011 de la revue L’économie politique. C’est une version étendue de notre manifeste paru en février 2011 dans Alternatives économiques ou nous développons nos idées et nos revendications.

Pour un pluralisme dans l’enseignement de l’économie

Les interrogations, critiques et appels effectués depuis une dizaine d’années par des étudiants en économie de tous horizons sont étonnamment similaires. Ils traduisent l‘expression d’un ennui profond, d’une absence de réflexivité, d’enseignements conçus comme un recueil de modèles et de techniques, issus d’un corpus théorique dont la domination académique sert à justifier la standardisation des formations.

Lire la suite en téléchargeant la version pdf.

Publication dans Alternatives Économiques

Ce texte , également disponible sur le site de la revue, est paru dans le mensuel Alternatives Economiques n°299 en février 2011. Une version complète est également disponible en pdf.

Pour un enseignement pluraliste de l’économie

Nous sommes des étudiants en économie et nous sommes mécontents de l’enseignement de cette discipline. Plusieurs appels, lettres ouvertes et pétitions ont déjà été lancés à ce sujet depuis dix ans, prouvant le caractère durable de ce malaise, sans jamais susciter de profonds changements. Depuis le début de nos études, force est de constater que notre connaissance des mécanismes de l’économie ne s’est pas réellement accrue. En ce qui concerne, par exemple, la crise économique mondiale, les outils qui nous sont enseignés ne nous permettent pas de l’appréhender. Et les cours dispensés ne se sont pas adaptés à la nouvelle situation. Cette crise est donc également celle de l’enseignement de l’économie.

Ouverture

Il est nécessaire d’intégrer un plus grand pluralisme à nos formations. La théorie néoclassique ne doit pas rester l’unique pilier des enseignements. L’épistémologie, l’histoire de la pensée économique et celle des faits économiques doivent acquérir une place beaucoup plus importante. Enfin, le dialogue avec d’autres sciences humaines et sociales doit être systématisé. Des objets aussi divers que le chômage, les inégalités ou encore les choix de consommation sont par nature pluriels et ne peuvent être abordés que de manière transversale.

Mobilisation

Il ne s’agit pas de rejeter l’apport des mathématiques, de la modélisation ou des méthodes statistiques. Nous souhaitons simplement acquérir la maîtrise d’outils complémentaires, permettant de comprendre pleinement les phénomènes économiques. Nous invitons donc tous les étudiants qui partagent ces questionnements à nous rejoindre, afin de nous mobiliser pour un enseignement pluraliste en économie dans le supérieur.